L’essentiel à retenir : l’interfile moto est inscrite dans le Code de la route depuis le 11 janvier 2025 (décret 2025-33, article R412-11-3). Elle autorise les deux-roues à circuler entre les deux files les plus à gauche sur les routes à 2 chaussées séparées (70-130 km/h), à 50 km/h maximum (30 km/h si une file est à l’arrêt). Le non-respect expose à 135 € d’amende et 3 points de retrait.
Vous remontez tranquillement une file de voitures à l’arrêt sur l’A86 quand soudain, le doute s’installe à la vue d’un motard arrêté par les gendarmes. Pour éviter de transformer votre trajet quotidien en un retrait de points coûteux, il est utile de maîtriser les règles de l’interfile moto et les conditions dans lesquelles elle est autorisée. Ce guide détaille la réglementation en vigueur, le montant des amendes encourues et les preuves concrètes à fournir pour réussir votre contestation en cas de litige.
Interfile moto : ce que dit le Code de la route depuis 2025
Le décret 2025-33 du 9 janvier 2025 a mis fin à neuf ans d’expérimentation (2016-2024) en inscrivant définitivement la circulation interfile dans le Code de la route, à l’article R412-11-3.
Conditions de circulation autorisée
L’interfile est autorisée sur tout le territoire national, mais uniquement sur les routes répondant à ces critères cumulatifs :
- Routes à 2 chaussées séparées par un terre-plein central
- Au moins 2 voies par sens de circulation
- Vitesse maximale autorisée entre 70 et 130 km/h
- Trafic dense : les véhicules doivent rouler à 50 km/h ou moins
La circulation se fait exclusivement entre les deux files les plus à gauche. Seuls les véhicules à 2 ou 3 roues motorisés d’une largeur maximale d’1 mètre sont autorisés. Les side-cars, quads et tricycles à voie large sont exclus.
Le cas du périphérique parisien
Attention, piège fréquent : depuis le 10 octobre 2024, le boulevard périphérique parisien est limité à 50 km/h. Or, l’interfile n’est autorisée que sur les axes à 70 km/h minimum. La circulation interfile y est donc interdite, même si le trafic est dense. Les motards qui continuent à remonter les files sur le périphérique s’exposent à une contravention de 4e classe (135 € et 3 points).
Vitesse et règle des 30 km/h
Deux seuils de vitesse à retenir :
- 50 km/h maximum en circulation interfile normale
- 30 km/h maximum si l’une des deux files est à l’arrêt complet
Le différentiel de vitesse avec les véhicules adjacents ne doit pas dépasser 30 km/h. Dès que le trafic se fluidifie et que les voitures roulent à plus de 50 km/h, le motard doit réintégrer une voie classique.
La circulation interfile n’est plus une tolérance expérimentale. Depuis le 11 janvier 2025, c’est une pratique encadrée par le Code de la route (article R412-11-3), avec des sanctions précises en cas de non-respect.
Il est d’ailleurs utile de maîtriser les règles de priorité pour les deux-roues avant de s’élancer entre les voitures.
Gabarit et équipements de visibilité
L’article R412-11-3 impose une largeur maximale d’1 mètre, équipements compris. Vérifiez l’encombrement réel de vos valises latérales avant de vous engager entre les files.
Pour être visible, maintenez vos feux de croisement allumés en permanence et utilisez les clignotants pour chaque changement de file. Le port d’un gilet haute visibilité, bien que non obligatoire en roulant, doit être à bord du véhicule.
- Gilet haute visibilité obligatoire à bord
- Feux de croisement allumés
- Clignotants à chaque mouvement
- Largeur maximale : 1 mètre équipements compris
PV et retrait de points : les sanctions encourues
Le non-respect des conditions de l’interfile constitue une contravention de 4e classe. La sanction de base est de 135 € d’amende forfaitaire et 3 points de retrait sur le permis de conduire (article R121-6 du Code de la route).
Infractions les plus fréquentes
Il n’existe pas de PV spécifique « interfile ». Les verbalisations portent sur des infractions connexes :
| Infraction | Amende | Points | Risque |
|---|---|---|---|
| Non-respect des conditions d’interfile (R412-11-3) | 135 € | 3 | Suspension |
| Excès de vitesse (> 50 km/h en interfile) | 135 € | 1 à 4 | Suspension |
| Franchissement de ligne continue | 135 € | 3 | Suspension 3 ans |
| Non-respect des distances de sécurité | 135 € | 3 | Rétention |
| Oubli de clignotant (R412-10) | 35 € | 3 | Stage |
Plusieurs infractions simultanées peuvent être relevées lors d’un même contrôle, ce qui cumule les retraits de points.
Vidéo-verbalisation et remontée sauvage
La vidéo-verbalisation est active sur les grands axes et périphériques. Elle permet de sanctionner sans interception physique. Les caméras identifient les trajectoires et changements de file non conformes.
Slalomer entre les files ou forcer le passage constitue un comportement dangereux passible de sanctions aggravées, pouvant aller jusqu’à la suspension du permis.
Comment contester un PV en interfile
Si vous estimez avoir respecté les conditions de l’article R412-11-3, vous disposez de 45 jours pour contester auprès de l’Officier du Ministère Public via le site de l’ANTAI.
Preuves à rassembler
Appuyez votre dossier avec des éléments concrets :
- Images de dashcam montrant le trafic dense et votre vitesse
- Témoignages de passagers ou d’autres motards
- Relevé GPS prouvant votre vitesse au moment des faits
- Photos du lieu confirmant le type de route (2 chaussées séparées, 70 km/h+)
Ne payez pas l’amende immédiatement : le paiement vaut reconnaissance de l’infraction et ferme toute possibilité de recours. Consultez nos astuces pour contester une amende pour maximiser vos chances.
Responsabilité et assurance en cas de collision
Lors d’un sinistre en interfile, l’assureur applique fréquemment un partage de responsabilité 50/50. Pour le contester, vous devez prouver que vous respectiez les conditions de l’article R412-11-3.
Rédigez votre constat amiable avec précision. Mentionnez explicitement que votre circulation s’inscrivait dans le cadre légal de l’interfile. Chaque détail compte pour la décision finale de l’assureur.
En cas de collision en interfile, la précision de votre constat amiable et la preuve du respect des conditions légales détermineront votre niveau de couverture par l’assurance.
Pour en savoir plus sur les recours possibles, consultez notre guide sur la contestation d’amende et retrait de points.
L’interfile moto est désormais un droit encadré par le Code de la route, sous réserve de respecter les conditions de vitesse, de trafic et de type de voie. Adoptez les bons réflexes pour protéger vos points et votre permis à chaque trajet.
FAQ : interfile moto, amende et contestation
L’interfile moto est-elle autorisée partout en France ?
Depuis le 11 janvier 2025, la circulation interfile est inscrite dans le Code de la route (article R412-11-3) et autorisée sur tout le territoire national. Cependant, elle n’est permise que sur les routes à 2 chaussées séparées avec une vitesse autorisée entre 70 et 130 km/h. Le périphérique parisien, limité à 50 km/h depuis octobre 2024, en est donc exclu.
Quelle est la vitesse maximale en circulation interfile ?
La vitesse maximale est de 50 km/h en conditions normales. Si l’une des deux files adjacentes est à l’arrêt complet, cette limite descend à 30 km/h. Le différentiel de vitesse avec les véhicules adjacents ne doit pas dépasser 30 km/h. Dès que le trafic se fluidifie (véhicules roulant à plus de 50 km/h), le motard doit réintégrer une voie classique.
Quelle amende risque-t-on en cas d’infraction en interfile ?
Le non-respect des conditions de l’interfile est une contravention de 4e classe : 135 € d’amende forfaitaire et 3 points de retrait. En pratique, les verbalisations portent sur des infractions connexes (excès de vitesse, franchissement de ligne continue, distances de sécurité). Plusieurs infractions peuvent être relevées simultanément lors d’un même contrôle.
Peut-on être verbalisé par vidéo pour une remontée de file ?
Oui, la vidéo-verbalisation est active sur les grands axes et périphériques. Les caméras permettent aux forces de l’ordre de constater des infractions comme l’excès de vitesse en interfile, le changement de file sans clignotant ou le non-respect des distances de sécurité, sans interception physique.
Comment contester un PV reçu en interfile ?
Vous disposez de 45 jours pour déposer une requête en exonération auprès de l’Officier du Ministère Public, via le site de l’ANTAI. Pour renforcer votre dossier, fournissez des preuves concrètes : images de dashcam, relevé GPS, témoignages. Ne payez pas l’amende avant la fin de la procédure, car le paiement vaut reconnaissance de l’infraction.
Qui est responsable en cas d’accident lors d’une circulation interfile ?
En cas de collision, les assureurs appliquent souvent un partage de responsabilité 50/50. Pour éviter cela, remplissez votre constat amiable en précisant que vous respectiez les conditions de l’article R412-11-3 du Code de la route. La preuve que vous circuliez à la bonne vitesse, sur une voie autorisée et dans un trafic dense, déterminera votre niveau de couverture.
Sources et références
Sources institutionnelles