Recevoir un avis de paiement sur son pare-brise ou dans sa boîte aux lettres soulève toujours la même question : faut-il payer ou contester ? En matière de stationnement, la réponse dépend d’un détail que beaucoup d’automobilistes ignorent. Toutes les sanctions ne se contestent pas de la même manière, et se tromper de procédure fait souvent perdre le délai de recours.
Contester une amende de stationnement suppose d’abord d’identifier sa nature : un forfait post-stationnement (FPS) ne se conteste pas comme une contravention classique.
- Le FPS sanctionne un stationnement payant non réglé. Depuis 2018, c’est une redevance, pas une amende : on le conteste par un RAPO auprès de la commune, dans un délai d’un mois.
- Si le RAPO est rejeté, vous saisissez le tribunal du stationnement payant (TSP), dans un délai d’un mois après le refus.
- Une contravention (stationnement gênant, très gênant ou dangereux) se conteste auprès de l’officier du ministère public, via amendes.gouv.fr, sous 45 jours.
- Le FPS passe par la commune, la contravention passe par l’ANTAI : ce sont deux circuits totalement séparés.
- Payer, c’est reconnaître l’infraction. Une fois le paiement effectué, la contestation n’est plus possible.
FPS ou contravention : deux amendes de stationnement, deux procédures
Une amende de stationnement relève de l’un de deux régimes juridiques bien distincts, et c’est lui qui commande toute la suite. Avant d’écrire la moindre lettre, vous devez donc lire votre avis pour savoir lequel s’applique.
Le premier cas est le forfait post-stationnement (FPS). Il concerne uniquement le stationnement payant : vous n’avez pas payé l’horodateur, ou vous êtes resté au-delà de la durée réglée. Depuis le 1er janvier 2018, le FPS n’est plus une amende pénale mais une redevance d’occupation du domaine public, c’est-à-dire le prix du stationnement que vous auriez dû acquitter. Son montant est fixé par chaque commune. Cette transformation, issue de la réforme de la décentralisation du stationnement, change tout : le FPS ne fait perdre aucun point et sa contestation suit un circuit administratif, pas judiciaire.
Le second cas est la contravention de stationnement. Elle vise les stationnements interdits : stationnement gênant, très gênant ou dangereux. Là, il s’agit d’une véritable sanction pénale, dressée par procès-verbal et gérée par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI). Le stationnement dangereux entraîne en plus un retrait de 3 points.
Comment savoir lequel j’ai reçu ? Si l’avis parle de « forfait de post-stationnement » et indique un montant propre à votre ville, c’est un FPS : il faut viser la commune. S’il parle d’« avis de contravention » avec un montant forfaitaire national (35 € ou 135 €), c’est une contravention : il faut viser l’officier du ministère public.
Cette confusion est si fréquente qu’elle justifie de prendre deux minutes pour vérifier. Pour les autres types d’amendes routières, vous pouvez vous reporter à notre guide de la contestation d’une amende, qui couvre l’ensemble des situations.
Contester un forfait post-stationnement (FPS)
Contester un FPS impose une démarche en deux temps, dans cet ordre précis : d’abord un recours amiable auprès de l’autorité qui a émis l’avis, ensuite seulement, si besoin, un recours devant le juge. Sauter la première étape rend la seconde irrecevable.

Étape 1, le recours administratif préalable obligatoire (RAPO)
Le RAPO est la première étape, obligatoire et gratuite. Vous disposez d’un délai d’un mois à compter de la notification de l’avis de paiement pour l’adresser à l’autorité mentionnée dessus : la commune ou la société chargée du stationnement (le tiers contractant). Ce recours se fait souvent en ligne sur le site de la ville, parfois par courrier recommandé.
Joignez à votre RAPO tous les justificatifs utiles : ticket d’horodateur, preuve de paiement par application, photo, attestation. Plus le dossier est complet, plus la commune peut annuler le forfait sans contentieux. L’autorité dispose d’un mois pour répondre. Passé ce délai, son silence vaut rejet.
⚠️ Le piège à connaître. Le RAPO ne suspend pas le délai de paiement du FPS. Vous devez régler le forfait dans les trois mois, même si votre recours est en cours, sous peine d’une majoration de 20 % (au minimum 50 €). Si vous obtenez gain de cause, la somme vous est ensuite remboursée.
Étape 2, saisir le tribunal du stationnement payant (TSP)
En cas de rejet du RAPO, vous pouvez porter le litige devant le tribunal du stationnement payant. Vous avez un mois après le rejet (deux mois en outre-mer) pour le saisir. Cette juridiction administrative spécialisée, basée à Limoges, traite l’ensemble du contentieux du stationnement payant pour toute la France.
Un point de vocabulaire vaut d’être signalé, car il sème la confusion dans beaucoup d’articles encore en ligne : la commission du contentieux du stationnement payant (CCSP) a été renommée tribunal du stationnement payant (TSP) au 1er janvier 2025. Il s’agit de la même institution. Bonne nouvelle pour les usagers : vous n’avez pas à payer le FPS contesté avant de saisir le tribunal. L’obligation de paiement préalable qui existait à l’origine a été déclarée contraire au droit à un recours effectif par le Conseil constitutionnel le 9 septembre 2020 (décision n° 2020-855 QPC).
Contester une amende de stationnement gênant, très gênant ou dangereux
Une contravention de stationnement se conteste auprès de l’officier du ministère public, et non de la commune. Le circuit est ici celui de toutes les amendes forfaitaires routières, géré par l’ANTAI.

Ces contraventions correspondent à des montants forfaitaires nationaux, fixés par le Code de la route. Le stationnement gênant (article R417-10) est une contravention de 2e classe à 35 €. Le stationnement très gênant (article R417-11) et le stationnement dangereux (article R417-9) sont des contraventions de 4e classe à 135 €, le stationnement dangereux ajoutant un retrait de 3 points.
Pour contester, deux voies existent. La voie la plus simple est le téléservice de l’ANTAI sur le site amendes.gouv.fr, qui permet de déposer une requête en exonération en ligne. Vous pouvez aussi adresser un courrier recommandé à l’officier du ministère public dont l’adresse figure sur l’avis. Le délai est de 45 jours à compter de l’envoi de l’avis de contravention. Si vous avez laissé passer ce délai et reçu une majoration, la marche à suivre est différente : elle est détaillée dans notre article sur l’amende majorée et son annulation.
Attention : payer la contravention vaut reconnaissance de l’infraction. Pour une amende avec retrait de points, le règlement entraîne la perte effective des points. Il faut donc choisir entre payer et contester, jamais les deux. En cas de doute sur la marche à suivre en ligne, le détail de la contestation dématérialisée auprès de l’ANTAI vous guide pas à pas.
Quels motifs permettent de contester une amende de stationnement
Un motif de contestation n’est recevable que s’il repose sur un fait vérifiable, appuyé par une preuve. Contester pour le principe, sans élément concret, conduit presque toujours au rejet et fait perdre du temps.

Avant d’engager une démarche, réunissez vos preuves : ticket d’horodateur, capture de paiement par application mobile, photographies de la signalisation ou de l’emplacement, témoignages. Le tableau ci-dessous distingue les motifs généralement recevables de ceux qui ne le sont pas.
| Motifs souvent recevables | Motifs rarement recevables |
|---|---|
| Stationnement effectivement payé (ticket ou paiement par application à l’appui) | « Je n’ai pas vu le panneau » sans signalisation défaillante avérée |
| Horodateur en panne ou hors service le jour des faits | Stationnement de courte durée (« seulement cinq minutes ») |
| Erreur sur la plaque, le véhicule ou le lieu mentionné sur l’avis | Urgence personnelle non justifiée par un document |
| Signalisation absente, masquée ou contradictoire | Méconnaissance de la réglementation locale |
| Véhicule vendu ou cédé avant la date de l’avis | Difficulté à trouver une place de stationnement |
Le cas de la signalisation mérite une attention particulière, car c’est l’un des motifs les plus solides quand il est documenté. Nous l’avons détaillé dans un article dédié à la signalisation défaillante face au PV. À l’inverse, si vous n’avez aucune trace matérielle, mieux vaut lire d’abord nos conseils pour contester une amende sans preuve avant de vous lancer.
FPS et contravention : le tableau comparatif des démarches et délais
Les deux régimes diffèrent sur presque tous les points : nature, autorité, délai et conséquences. Ce récapitulatif permet de retrouver d’un coup d’œil la bonne procédure selon l’avis reçu.
| Critère | Forfait post-stationnement (FPS) | Contravention de stationnement |
|---|---|---|
| Situation visée | Stationnement payant non réglé ou dépassé | Stationnement gênant, très gênant, dangereux |
| Nature juridique | Redevance d’occupation du domaine public | Sanction pénale (contravention) |
| Montant | Fixé par la commune | 35 € (gênant) ou 135 € (très gênant, dangereux) |
| Retrait de points | Aucun | 3 points pour le stationnement dangereux |
| Autorité à saisir | Commune, puis tribunal du stationnement payant | Officier du ministère public (ANTAI) |
| Premier recours | RAPO, sous 1 mois | Requête en exonération, sous 45 jours |
| Recours suivant | Tribunal du stationnement payant, sous 1 mois | Tribunal de police |
Questions fréquentes sur la contestation d’une amende de stationnement
Combien de temps ai-je pour contester une amende de stationnement ?
Le délai dépend du type d’amende. Pour un forfait post-stationnement, le RAPO doit être déposé dans un délai d’un mois à compter de la notification. Pour une contravention, la requête en exonération auprès de l’officier du ministère public doit être envoyée dans les 45 jours suivant l’avis de contravention.
Puis-je contester une amende de stationnement déjà payée ?
Non, en principe. Le paiement d’une contravention vaut reconnaissance de l’infraction et ferme la voie de la contestation. Le FPS suit une logique un peu différente : depuis une décision du Conseil constitutionnel de septembre 2020, vous pouvez le contester sans l’avoir payé au préalable. Si vous l’avez déjà réglé puis obtenez gain de cause, la somme vous est remboursée.
Le RAPO suspend-il le délai de paiement du FPS ?
Non. Le recours administratif préalable obligatoire ne suspend pas le délai de paiement du forfait post-stationnement. Vous devez régler le FPS dans les trois mois, même pendant l’instruction de votre recours, faute de quoi une majoration de 20 % (minimum 50 €) s’applique.
Un FPS fait-il perdre des points sur le permis ?
Non. Le forfait post-stationnement est une redevance, pas une sanction pénale : il n’entraîne aucun retrait de points. Seule une contravention pour stationnement dangereux retire des points, à hauteur de 3 points.
Qui est le tribunal du stationnement payant ?
Le tribunal du stationnement payant (TSP) est la juridiction administrative spécialisée qui juge les litiges relatifs au FPS pour toute la France. Basé à Limoges, il s’appelait commission du contentieux du stationnement payant (CCSP) jusqu’au 1er janvier 2025.
Sources
- Service-public.gouv.fr, Forfait post-stationnement en cas de stationnement non payé (F34440)
- Service-public.gouv.fr, Amende pour stationnement interdit, gênant, très gênant ou dangereux (F34212)
- Service-public.gouv.fr, Avis d’amende forfaitaire : contester ou désigner une autre personne (R42185)
- Tribunal du stationnement payant, Contester un FPS
- Sécurité routière, Contester une amende