Recevoir une amende n’a rien d’agréable. Entre le montant à payer, le risque de retrait de points et parfois même une suspension de permis… Pourtant, toutes les infractions ne sont pas incontestables. Une erreur sur le procès-verbal, un vice de procédure, une usurpation de plaques ou simplement une identification douteuse du conducteur peuvent suffire à remettre en question la sanction.
Encore faut-il savoir comment s’y prendre. Délais à respecter, arguments recevables, démarches à suivre… Une contestation bien menée peut permettre d’éviter une sanction injuste et préserver son capital de points. Mais attention, certaines erreurs peuvent ruiner toute chance d’aboutir. Voici tout ce qu’il faut savoir pour contester une amende avec succès et éviter les pièges les plus courants.
Quelles sanctions encourues en cas d’infraction au Code de la route ?
Le Code de la route prévoit plusieurs types de sanctions en fonction de la gravité de l’infraction. Les plus courantes sont les amendes forfaitaires, qui s’accompagnent parfois d’un retrait de points. Un simple excès de vitesse peut ainsi entraîner une contravention de 1re à 4e classe, avec une suspension de permis possible dès 40 km/h au-dessus de la limite autorisée.
Certaines infractions sont plus sévèrement punies. La conduite sous alcoolémie ou sous stupéfiants, le délit de fuite ou le refus d’obtempérer peuvent être qualifiés de délits routiers. Dans ces cas, les sanctions incluent une amende pénale, une suspension ou annulation du permis, voire une peine d’emprisonnement. Un stage de récupération de points peut être imposé pour éviter une invalidation du permis, notamment lorsqu’il ne reste plus que quelques points sur le capital de 12 points.
L’absence de paiement d’une amende entraîne sa majoration et peut aboutir à une saisie sur salaire ou un prélèvement direct sur le compte bancaire via le Trésor public. Il est donc essentiel de bien connaître les délais pour éviter des sanctions plus lourdes.
Les différentes situations de verbalisation et leurs conséquences
Verbalisation à la volée
Un agent peut constater une infraction routière sans arrêter le conducteur. C’est le cas pour un non-respect d’un stop, une priorité grillée ou encore un téléphone tenu en main. Dans cette situation, un avis de contravention est envoyé au propriétaire du véhicule, même si ce n’est pas lui qui conduisait.
L’absence d’identification formelle du conducteur peut être un argument pour contester une amende, notamment si l’infraction repose uniquement sur l’observation d’un agent sans preuve matérielle.
Flash radar : qui est responsable ?
Un radar automatique verbalise le propriétaire du véhicule, qu’il soit au volant ou non. Lorsqu’une entreprise détient le véhicule, l’employeur doit obligatoirement désigner le conducteur, faute de quoi une amende pour non-désignation peut être appliquée.
Pour contester, il est possible de demander la photo de l’infraction via le site de l’ANTAI (Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions). Si l’image ne permet pas d’identifier formellement le conducteur, cela peut constituer un motif de contestation. D’autres éléments, comme le vol du véhicule ou une usurpation de plaques d’immatriculation, doivent être signalés immédiatement avec dépôt de plainte à l’appui.
Interpellation directe par les forces de l’ordre
Lors d’un contrôle routier, le conducteur est tenu de présenter ses papiers obligatoires : permis de conduire, carte grise et attestation d’assurance. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas obligé de signer le procès-verbal (PV). Refuser de signer ne change rien à la procédure mais permet d’indiquer une éventuelle contestation future.
Dans le cadre d’un contrôle d’alcoolémie ou de stupéfiants, refuser de se soumettre au test est une infraction grave punie d’un retrait de six points, d’une amende élevée et d’une suspension pouvant aller jusqu’à trois ans.

La procédure de contestation : étapes, délais à respecter et erreurs à éviter
Délais et démarches à suivre
La contestation d’un PV routier doit respecter des délais stricts. Pour une amende forfaitaire, la demande doit être envoyée sous 45 jours. En cas de majoration, ce délai tombe à 30 jours. Les infractions plus graves, comme un grand excès de vitesse ou un délit routier, nécessitent une contestation devant un tribunal compétent.
Selon le type de verbalisation, la réclamation doit être adressée à :
- L’ANTAI pour les amendes issues des radars automatiques
- L’Officier du Ministère Public (OMP) pour les infractions constatées par les forces de l’ordre
- Le tribunal administratif ou judiciaire, selon le cas, pour contester une sanction plus lourde
Dans tous les cas, une contestation doit être argumentée avec des preuves solides : témoignages, photographies, certificats ou tout document prouvant une erreur ou une impossibilité matérielle.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Certaines erreurs compromettent toute chance d’obtenir une annulation d’amende :
- Payer l’amende avant de contester : le paiement équivaut à une reconnaissance de l’infraction et rend toute réclamation impossible
- Ignorer les délais : une amende qui se majore peut rapidement devenir très coûteuse
- Fournir des arguments vagues : une contestation sans élément factuel n’a aucune chance d’aboutir
- Se contredire dans ses déclarations ou fournir des documents falsifiés : cela peut entraîner une poursuite pénale pour fausse déclaration
- Ne pas suivre l’évolution du dossier : une absence de réponse peut être interprétée comme une acceptation de l’amende
Les solutions pour maximiser les chances d’annulation
Certaines stratégies augmentent les chances d’obtenir une annulation de l’infraction. La première consiste à faire appel à un avocat en droit routier. Ce professionnel maîtrise les subtilités de la procédure et peut détecter un vice de procédure (erreur dans le PV, absence de signature d’un agent, irrégularité dans la notification).
Un classement sans suite peut être obtenu si l’administration reconnaît un défaut de preuve ou un problème de forme. Dans d’autres cas, il est possible de saisir un tribunal administratif ou judiciaire, notamment lorsque la sanction paraît excessive ou injustifiée.
Le stage de sensibilisation à la sécurité routière permet parfois de limiter les sanctions, bien qu’il ne soit pas une solution directe pour contester une amende. Il permet cependant de récupérer des points pour éviter une invalidation du permis.
Une contestation bien préparée, avec des arguments solides et une démarche respectant les délais, offre de réelles possibilités d’éviter une sanction injustifiée ou trop sévère.