ℹ️ Information juridique : cet article présente le barème légal en vigueur au 1er janvier 2026. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. En cas de contestation ou de procédure pénale, consultez un avocat spécialisé en droit routier.
L’essentiel à retenir
- Les amendes pour excès de vitesse vont de 68 € (palier inférieur à 5 km/h, hors agglomération) à 3 750 € (dépassement de 50 km/h ou plus).
- Les points retirés varient de 0 (palier sous 5 km/h, depuis le 1er janvier 2024) à 6 (palier délictuel à 50 km/h et au-delà).
- Depuis le 29 décembre 2025, tout dépassement de 50 km/h ou plus constitue un délit pénal dès la première infraction, plus seulement à partir de la seconde.
- La marge technique déduite avant poursuite est de 5 km/h pour un radar fixe et de 10 km/h pour un radar mobile.
Un flash de radar, un courrier quelques semaines plus tard : le montant affiché sur l’avis de contravention dépend du palier de dépassement retenu après déduction de la marge technique, pas de la vitesse brute mesurée par l’appareil. Ce guide présente le barème officiel 2026, palier par palier, avec les amendes forfaitaires, les points perdus et les risques de suspension du permis.
Deux évolutions récentes changent la lecture du tableau : depuis le 1er janvier 2024, un dépassement inférieur à 5 km/h ne retire plus aucun point au permis. Et depuis le 29 décembre 2025, un dépassement de 50 km/h ou plus est devenu un délit pénal dès la première infraction. Ces deux modifications sont intégrées dans le barème présenté ci-dessous.
Le barème des amendes 2026 par palier
Les montants indiqués sont les amendes forfaitaires, applicables si vous réglez dans les 45 jours suivant la date de l’avis de contravention. Une amende minorée (règlement dans les 15 premiers jours) existe pour chaque palier de contravention : elle est généralement de 90 € pour les infractions de 4e classe. Une amende majorée est exigée au-delà de 45 jours : jusqu’à 375 € pour la 4e classe.
| Palier de dépassement retenu | Amende (limite > 50 km/h) | Amende (limite ≤ 50 km/h) | Points retirés | Suspension |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 5 km/h | 68 € | 135 € | 0 * | Non |
| 5 à 19 km/h | 68 € | 135 € | 1 | Non |
| 20 à 29 km/h | 135 € | 135 € | 2 | Possible (jusqu’à 3 ans) |
| 30 à 39 km/h | 135 € | 135 € | 3 | Oui (jusqu’à 3 ans) |
| 40 à 49 km/h | 135 € | 135 € | 4 | Oui (jusqu’à 3 ans) |
| 50 km/h et plus (délit) | De 300 € à 3 750 € | De 300 € à 3 750 € | 6 | Obligatoire (jusqu’à 3 ans) |
* Depuis le 1er janvier 2024, le retrait de point a été supprimé pour les dépassements inférieurs à 5 km/h. L’amende forfaitaire reste due.
Prendre son temps avant de régler une contravention coûte cher : une amende de 4e classe portée à son montant majoré représente 375 €, soit presque trois fois l’amende minorée. Les délais sont courts et leur respect a un impact direct sur le montant final.
Agglomération ou hors agglomération : une distinction qui change tout
Pour les deux premiers paliers (moins de 5 km/h et 5 à 19 km/h de dépassement), le montant de l’amende n’est pas uniforme. Il varie selon la limite de vitesse en vigueur au moment du contrôle :
- Limite supérieure à 50 km/h (route nationale, voie express, autoroute, certaines départementales) : l’infraction est classée en 3e classe. L’amende forfaitaire est de 68 €.
- Limite inférieure ou égale à 50 km/h (agglomération, zone 30, abords d’une école, zone de rencontre) : l’infraction passe en 4e classe. L’amende forfaitaire monte à 135 €.
Pour les paliers à partir de 20 km/h de dépassement, la distinction disparaît : l’amende forfaitaire est de 135 € quelle que soit la zone. La différence de classe (3e ou 4e) n’existe plus qu’en dessous de 20 km/h.
Un même conducteur flashé à 38 km/h dans une zone à 30 (dépassement retenu : peut-être 5 km/h après marge) et à 95 km/h sur une route à 90 (dépassement retenu : peut-être 0 km/h après marge) peut avoir des destins très différents selon la lecture du radar. Pour les cas de dépassement faible en zone limitée, notre article sur les sanctions pour excès de vitesse inférieur à 10 km/h détaille les règles spécifiques.

La marge technique des radars : quelle vitesse sur le procès-verbal ?
La vitesse retenue sur le procès-verbal n’est jamais la vitesse brute mesurée par le radar. Avant toute poursuite, l’autorité compétente déduit une marge technique légale qui tient compte des tolérances d’étalonnage des appareils. Cette marge dépend du type de radar :
| Type de radar | Marge déduite |
|---|---|
| Radar fixe (au sol ou sur portique) | 5 km/h si vitesse mesurée ≤ 100 km/h, sinon 5 % |
| Radar mobile (embarqué dans un véhicule banalisé) | 10 km/h si vitesse mesurée ≤ 100 km/h, sinon 10 % |
Exemple concret. Vous êtes contrôlé à 88 km/h par un radar fixe sur une route limitée à 80 km/h. La marge déduite est de 5 km/h. La vitesse retenue est donc de 83 km/h, soit un dépassement de 3 km/h : vous restez dans le palier inférieur à 5 km/h. Résultat : amende de 68 € (hors agglomération), aucun point retiré.
Si la mesure brute avait été 93 km/h, la vitesse retenue serait de 88 km/h, soit un dépassement de 8 km/h : un point en moins, amende à 68 € toujours, mais cette fois le capital points est entamé.
La marge s’applique systématiquement, le radar ne choisit pas. C’est l’officier du ministère public qui pratique la déduction avant de transmettre l’avis de contravention. Aucune démarche n’est nécessaire de votre part pour en bénéficier.
Les circonstances aggravantes
Plusieurs situations peuvent alourdir les conséquences d’un excès de vitesse au-delà du simple barème.
La récidive est le facteur le plus déterminant. Pour les dépassements de 50 km/h ou plus, une seconde infraction dans les trois ans expose à une peine d’emprisonnement plus longue et à une suspension obligatoire prolongée. Pour les paliers intermédiaires (30 à 49 km/h), la récidive dans l’année peut transformer une contravention en procédure plus lourde.
Le permis probatoire change radicalement l’équation. En période probatoire, le capital de points est plafonné à 6 au lieu de 12 pour un permis confirmé. Un seul excès de 30 à 39 km/h retire 3 points, soit la moitié du capital. Pour un conducteur en deuxième année de permis qui a acquis 4 points sur 6, ce même excès le ramène à 1 point. Notre dossier complet sur les excès de vitesse aborde les règles propres au permis probatoire.
L’état du conducteur entre également en compte. La conduite de nuit, sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, peut amener le parquet à qualifier différemment l’infraction et à requérir des peines plus sévères, indépendamment du palier de vitesse concerné.
La loi du 29 décembre 2025 : le dépassement de 50 km/h devient un délit
C’est la modification législative la plus significative dans ce domaine depuis plusieurs années. Avant cette réforme, un premier dépassement de 50 km/h ou plus était traité comme une contravention de 5e classe, avec des amendes certes élevées mais sans procédure pénale automatique. Seule la récidive entraînait un délit.
Depuis le 29 décembre 2025, toute infraction à 50 km/h ou plus constitue un délit pénal dès la première constatation. Les sanctions maximales encourues sont :
- Amende pouvant atteindre 3 750 €
- Suspension du permis de conduire obligatoire, jusqu’à 3 ans
- Confiscation possible du véhicule
- Peine d’emprisonnement dans les cas les plus graves
Cette évolution aligne le droit français sur les pratiques de plusieurs États européens, et marque une rupture nette avec la logique de la progression par paliers. Le dépassement de 50 km/h n’est plus une grosse contravention : c’est un délit, avec tout ce que cela implique en matière de casier judiciaire et de procédure.
Notre article sur le grand excès de vitesse supérieur à 50 km/h développe les procédures applicables et les recours possibles pour ce palier.
Peut-on contester une amende pour excès de vitesse ?
Oui, plusieurs voies existent. La plus courante est la contestation administrative auprès de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions), en ligne ou par courrier, dans les 45 jours suivant la date de l’infraction. Cette démarche suspend le délai de paiement mais ne garantit pas l’annulation.
Les motifs qui tiennent le mieux devant la juridiction :
- Erreur d’identification du conducteur (le véhicule flashé n’est pas le vôtre, ou vous n’en étiez pas le conducteur)
- Défaut ou insuffisance de signalisation de la limitation de vitesse à l’approche du radar
- Absence de procès-verbal de vérification et de certification à jour de l’appareil
- Erreur matérielle sur l’avis (mauvaise immatriculation, date erronée)
En pratique, contester une lecture radar homologuée sans argument précis et documenté aboutit rarement à une annulation. Le tribunal de police est la juridiction compétente si la contestation administrative n’aboutit pas. Pour un délit de vitesse (palier 50 km/h et plus), la procédure est celle du tribunal correctionnel et l’assistance d’un avocat dépasse le simple conseil : elle conditionne souvent l’issue de l’audience.
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Contestation de procès-verbal, défense en cas de délit de vitesse, récupération de points après annulation : un avocat spécialisé vous accompagne à chaque étape de la procédure. Consulter notre sélection d’avocats en droit routier.
Ce barème traduit une tendance de fond : les sanctions se durcissent, en particulier pour les infractions les plus dangereuses. La loi de décembre 2025 l’illustre clairement, et d’autres évolutions sont possibles dans les années qui viennent. Dans ce contexte, vérifier régulièrement le solde de son capital points, conserver ses avis de contravention et connaître ses droits de contestation restent les trois réflexes les plus utiles pour tout conducteur qui circule régulièrement sur le réseau routier français.
FAQ : barème amendes excès de vitesse 2026
Quelle est l’amende pour un excès de vitesse de 10 km/h ?
Un dépassement de 10 km/h retenu sur le procès-verbal entraîne une amende forfaitaire de 68 € si la limite dépassée était supérieure à 50 km/h (hors agglomération), ou de 135 € si la limite était inférieure ou égale à 50 km/h (en agglomération ou zone 30). Dans les deux cas, un point est retiré du permis de conduire.
À partir de quelle vitesse risque-t-on une suspension du permis ?
La suspension du permis de conduire devient possible dès 20 km/h de dépassement retenu. Elle est quasi systématique au-delà de 30 km/h. Pour un dépassement de 50 km/h ou plus, elle est obligatoire depuis le 29 décembre 2025 et peut aller jusqu’à 3 ans.
Un excès inférieur à 5 km/h entraîne-t-il toujours une amende ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2024, seul le retrait de points a été supprimé pour ce palier. L’amende forfaitaire reste intégralement due : 68 € si la limite dépassée excède 50 km/h, ou 135 € en agglomération. Ne pas payer équivaut à laisser l’amende passer en montant majoré.
Comment la marge technique du radar est-elle déduite ?
Les radars fixes déduisent 5 km/h de la vitesse mesurée si celle-ci est inférieure ou égale à 100 km/h, ou 5 % au-delà. Les radars mobiles appliquent une marge doublée : 10 km/h jusqu’à 100 km/h mesurés, ou 10 % au-delà. Cette déduction est pratiquée par l’officier du ministère public avant d’établir l’avis de contravention.
Depuis quand le dépassement de 50 km/h est-il un délit ?
Depuis le 29 décembre 2025. Avant cette date, un premier dépassement de 50 km/h ou plus était une contravention de 5e classe. Depuis lors, il constitue un délit pénal dès la première infraction, passible d’une amende pouvant atteindre 3 750 €, d’une suspension du permis jusqu’à 3 ans et d’une peine d’emprisonnement dans les cas graves.